Depuis plusieurs semaines, l’accès au cash devient de plus en plus difficile en Guinée, perturbant les transactions quotidiennes et fragilisant les activités économiques. Face à cette situation, une rencontre tripartite s’est tenue le 22 mars 2026 entre la Banque centrale, le secteur privé et la Présidence, pour tenter d’identifier les causes et les solutions.
Pour le gouverneur de la Banque centrale, Dr Karamo Kaba, le problème ne réside pas dans un manque de liquidités. « Nous avons injecté, jamais dans l’histoire moderne de la Guinée, autant d’argent en si peu de temps. Sur 100 billets injectés, seuls 6 reviennent dans le système », a-t-il déclaré, pointant une faible bancarisation et une rétention importante du cash hors du circuit formel.
Du côté du secteur privé, les préoccupations sont multiples : difficultés d’accès aux devises, coexistence de plusieurs taux de change et ralentissement des activités. Mamadou Baldé, président de la Chambre de commerce, appelle à un changement de comportement : « Il est conseillé que chacun dépose son argent dans les banques », insistant sur la nécessité d’une mobilisation collective.
Le gouvernement, pour sa part, annonce des mesures correctives. La ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, affirme que « la Banque centrale va renforcer ses efforts pour faciliter l’accès aux devises », tout en accélérant la digitalisation des paiements à travers des outils comme TrésorPay.
Au-delà des tensions actuelles, les autorités mettent en avant des indicateurs macroéconomiques positifs, avec une croissance projetée à 10 % en 2026. Mais la crise du cash révèle un défi structurel : restaurer la confiance dans le système bancaire. Sans cela, même les injections massives de liquidités risquent de rester inefficaces, freinant le bon fonctionnement de l’économie.
Jeanne Laforestière










