En ce début d’année 2026, la République de Guinée traverse une crise de liquidité sans précédent qui affecte les activités socio-économiques du pays. Malgré l’injection massive des billets par la banque centrale, les citoyens ont du mal à retirer leur argent dans les banques primaires et dans les kiosques de transfert d’argent. Selon les informations environs 94% des billets émis par la BCRG circulent en dehors du système bancaire. L’économie guinéenne est fortement dominée par l’informel. La crise de confiance et la thésaurisation sont également citées comme étant les principales causes de cette pénurie de billets L’argent ne circule pas.
Face à cette problématique que le gouvernement a du mal à résoudre, Ibrahima Kalil Kaba, spécialiste des questions financières, sollicite d’abord la confiance avant de demander le dialogue entre les acteurs économiques et l’État guinéen. Il prône également la digitalisation de toute la chaine de valeur pour mieux faciliter la circulation de l’argent.
« La question centrale aujourd’hui est celle de la confiance entre les acteurs économiques et les institutions financières. Il faut davantage de communication, de transparence et une volonté collective pour restaurer cette confiance. Lorsque les acteurs se réunissent autour de la table pour dialoguer, les solutions émergent naturellement. À mon sens, nous ne faisons pas face à une crise de cash, mais à une crise de liquidité et de confiance.
Si les opérateurs économiques sont convaincus qu’ils peuvent déposer leurs fonds et les retirer en toute sécurité, la circulation de la monnaie s’améliorera automatiquement. Nous sommes une même communauté économique. Il est essentiel que nous nous parlions, que nous collaborions et que nous construisions ensemble des solutions durables pour le bien-être de la population. » dit-il au micro de notre reporter.
Poursuivant, Ibrahima Kalil Kaba ajoute : « La digitalisation constitue une partie importante de la solution, mais elle ne peut pas être la seule réponse. Il est nécessaire de développer un écosystème complet de solutions digitales : des agrégateurs de paiement ; des établissements de monnaie électronique ; et des plateformes capables de digitaliser l’ensemble de la chaîne de valeur économique.
Le véritable enjeu est la vitesse de circulation de la monnaie dans l’économie. Aujourd’hui, cette circulation est ralentie par un déficit de confiance. Si nous renforçons la confiance institutionnelle et la fiabilité des systèmes financiers, la liquidité reviendra naturellement dans le circuit économique. »
Selon le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba qui était récemment au parlement pour aborder cette crise de liquidité, l’État a mis les bouchées doubles pour soulager les guinéens à travers l’injection massive des billets. Mais d’après lui, le problème est dû à la thésaurisation. Il justifie le manque de liquidité par le retard de la commande des billets, l’absence d’un service national fonctionnel pour assurer l’interopérabilité des paiements entre les acteurs du secteur financier, les retards administratifs dans le traitement des dossiers d’envoi de fonds, les difficultés logistiques et le vieillissement des équipements du traitement des billets de banque.
Ibrahima Soya









