Après avoir passé quelques jours en garde à vue a l’OPROGEM, la chanteuse Mariama Bah » Yama Sega » et l’influencieuse Mariama Kaba « Maya la solution » ont comparu ce lundi 20 avril devant le tribunal de première instance de Mafanco dans la commune de Matam. Les deux personnes sont poursuivies pour injures publiques sur les réseaux sociaux et trouble à l’ordre public.
A l’issue d’une longue journée d’audience, le tribunal a rendu le verdict vers le soir de ce lundi. Le juge Souleymane Traoré a déclaré les deux prévenues non coupables des faits de menaces. Elles ont toutefois été reconnues coupables d’injures, d’atteinte à l’ordre public et à la dignité humaine par le biais d’un système informatique. Sur ce, elles sont condamnées à 2 ans de prison assortis d’une amende de 40 millions gnf. En plus, en dehors de l’exercice de leurs professions, elles sont interdites des réseaux sociaux pendant deux ans.
Retour sur l’audience :
A la barre, les accusées Yama Séga et Maya la solution ont reconnu les faits qui leur sont reprochés notamment les injures. Elles disent qu’étaient sous l’effet de la colère. Elles demandent pardon au peuple de Guinée.
Du côté du parquet, ces excuses sont perçues comme de la façade. Le procureur estime que les excuses ne sont pas sincères. Dans sa réquisition, le magistrat met en avant la gravité des propos tenus par les accusées. Selon lui, cela peut heurter la sensibilité. Ainsi, il requiert deux ans de condamnation assortis de sursis contre Yama et Maya. En plus, le procureur sollicite une amende de 30 millions de gnf.
Lors des plaidoiries, les avocats de la défense ont sollicité la clémence du juge tout en considérant les excuses des accusées qui ont préféré enterrer la hache de guerre.
Dans son verdict final, le juge Souleymane Traoré est allé au-delà des réquisitions du ministère public. Après plus de 30 minutes de pause, le tribunal a délibéré en prononçant une condamnation de 2 ans d’emprisonnement assortis de sursis et une amende de 40 millions de gnf. Le Juge leur interdit formellement des publicatons sur les réseaux sociaux, excepté dans le cadre de leur profession pendant les deux ans.
Les avocats de la défense étaient soulagés que leurs clients ne soient pas incarcérées à la maison centrale.
Maitre Paul Yomba Kourouma affirme : « En tout cas, nous sommes satisfaits de ce qu’elles n’ont une peine de privation de liberté. Elles retournent à l’OPROGEM pour prendre leurs affaires personnelles et regagner leurs maisons. Le reste des formalités, nous les accomplirons avec le parquet. Nous voulons saluer aussi la décision qui a été intervenue et nous demanderons leur avis au cas où elles voudront relever l’appel. Je crois que la menace était très sérieuse pour qu’on en arrive à un simple sursis. Je crois que le sursis, c’est un avertissement… »
Les deux accusées qui se considèrent toujours amies sont montées dans la même voiture pour partir ensemble à l’OPROGEM.
Il faut signaler que ce procès médiatisé a connu une forte présence du public dans la salle d’audience notamment les fans de Yama et les followers de Maya.
Ibrahima Soya










