Comme annoncé précédemment dans nos colonnes, le tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry a tranché ce lundi 27 juillet sur le sort du colonel Bienvenu Lamah, dans le cadre du second volet du procès des massacres du 28 septembre 2009. Le juge Aboubacar Thiam a déclaré l’officier de gendarmerie non coupable et a prononcé son acquittement.

Pour rappel, l’ancien responsable du centre de formation militaire de Kaléa, à Forécariah, était poursuivi pour des faits présumés de complicité de meurtres, d’assassinats, de viols, d’enlèvements, d’abus d’autorité et de non-assistance à personne en danger. À la barre, il n’a cessé de clamer son innocence en brandissant des preuves attestant qu’il n’était pas mêlé à ces événements. Selon lui, aucun de ses hommes ne se trouvait sur les lieux lors du massacre.
Alors que le ministère public avait requis une lourde peine de dix ans de réclusion criminelle, le juge a estimé que les charges étaient insuffisantes et a ordonné la libération immédiate du militaire.
Sans surprise, cette décision a été chaleureusement accueillie par la défense, qui estime que le droit a été dit.
Son avocat, Me Zézé Kalivogui, a exprimé son soulagement : « Tout d’abord, je voudrais rendre grâce à Dieu, le Tout-Puissant, qui a permis que ce procès ait lieu et que notre client puisse s’expliquer sur ce qu’on lui reprochait. C’est une immense émotion qui m’anime en ce moment, une joie immense, dans la mesure où les faits articulés contre lui étaient extrêmement graves, quand on sait les atrocités perpétrées au stade du 28 septembre. Nous pensons que ce jugement est un jugement de référence. »
D’après Me Kalivogui, ce verdict confirme les décisions antérieures de la justice guinéenne : « Il y a une ordonnance du pôle des juges qui avait déjà déclaré qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre le colonel Bienvenu Lamah pour complicité de meurtres, de viols ou d’assassinats. Cette ordonnance a été confirmée par la chambre de contrôle de l’instruction de la cour d’appel, puis entérinée par la Cour suprême. »
Ibrahima Soya






