Récemment, des habitants de Sabakhouré, situé dans la sous-préfecture d’Allassoyah à Forécariah, ont été surpris de découvrir six corps sans vie dans une fosse commune. Les victimes avaient les yeux bandés et les mains attachées. Les citoyens ont immédiatement alerté les autorités de cette préfecture qui abrite le camp militaire de Kaléah. À cet effet, le procureur de Forécariah a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. Les dépouilles ont été transportées à l’hôpital préfectoral pour identification et examens médico-légaux.
Toutefois, cette découverte macabre inquiète la société civile guinéenne, qui exige plus de transparence dans ce dossier. C’est dans cette optique que les Forces Vives de Guinée (FVG) ont sollicité une autopsie avec l’implication des parents des victimes.
Dans un communiqué officiel, les FVG « invitent les autorités judiciaires compétentes à engager sans délai des enquêtes sérieuses, en commençant par l’autopsie et l’implication des familles des victimes de disparitions forcées dans le processus de l’identification des corps, afin d’établir les circonstances de ces assassinats et de poursuivre les auteurs ainsi que toute personne impliquée dans la commission de ces crimes. »
Cette organisation pointe un doigt accusateur contre le pouvoir en place : « La proximité de la fosse commune avec le camp militaire de Kalea, occupé par les Forces Spéciales, ainsi que les témoignages des rares rescapés des enlèvements opérés par ce corps de l’armée dont beaucoup ont péri sous la torture, atteste que ces corps sont ceux de victimes innocentes de la politique liberticide de la junte », argue-t-elle, tout en condamnant fermement les pratiques d’enlèvement et d’exécution de citoyens.
Il faut signaler que ce n’est pas la première fois qu’une fosse commune est découverte dans cette préfecture située à 100 km de Conakry. En octobre dernier, des corps sans vie avaient également été retrouvés dans la zone.
Ibrahima Soya






