En prélude à la création du Fonds Souverain de Guinée (FSG), le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, a organisé ce mercredi 9 septembre l’atelier de restitution des travaux préparatoires dans un complexe hôtelier de la capitale, Conakry. Cette rencontre, présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, constitue une étape majeure dans la mise en place de cette nouvelle institution. Elle a réuni des membres du gouvernement, des cadres de l’administration publique et du secteur privé, ainsi que des partenaires au développement. L’objectif de cet atelier est d’examiner les opérations stratégiques proposées et de consolider la gouvernance du FSG.

D’après les initiateurs du projet, le Fonds Souverain de Guinée permettra de mieux valoriser les revenus issus des ressources nationales, de financer des investissements stratégiques, d’accompagner la transformation structurelle de l’économie et de préserver une part de la richesse nationale au bénéfice des générations futures.
Dans son discours d’ouverture officielle, le Chef du gouvernement, Bah Oury, a mesuré l’enjeu tout en souhaitant que cette nouvelle institution soit à la hauteur des exigences :
« Je prends part à cet atelier avec la pleine mesure de l’enjeu qui nous réunit. La création du fonds souverain de Guinée engage notre capacité à administrer la richesse nationale avec discipline, à protéger nos équilibres économiques et à préparer l’avenir au-delà des cycles d’exploitation minière… Le Fonds souverain devra répondre à des missions clairement définies et rigoureusement ordonnées. Il devra contribuer à la stabilité de nos finances publiques, protéger l’économie contre la volatilité des recettes extractives, constituer une épargne de long terme et financer des investissements capables d’accroître durablement la richesse nationale. »
Poursuivant son allocution, il a ajouté : « J’attends de chacun, au nom du Président de la République, une participation active, des positions techniquement fondées et une lecture exigeante des propositions à cet atelier. Les travaux devront permettre de lever les dernières ambiguïtés s’il y a lieu, de consolider le cadre juridique et institutionnel, de préciser la doctrine d’investissement et une trajectoire réaliste d’opérationnalisation. Les responsabilités devront être clairement réparties… »
Le Premier ministre espère que les conclusions de cet atelier se traduiront rapidement en mesures opérationnelles et que la qualité des études préparatoires conduira à des décisions cohérentes ainsi qu’à une mise en œuvre maîtrisée.
C’est dans ce même état d’esprit que la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, a renchéri. Dans son intervention de circonstance, elle a expliqué la portée et l’ambition de ce projet pour les Guinéens d’aujourd’hui et de demain :
« À qui profite cette richesse minière et pour combien de temps ? Le Fonds souverain de Guinée est notre réponse institutionnelle à cette question », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Le fonds que nous construisons reposera sur trois missions complémentaires : financer le développement d’abord, aider à stabiliser les finances publiques et enfin épargner pour les générations futures. »
Mariama Ciré Sylla a conclu son discours en affirmant : « L’atelier qui s’ouvre aujourd’hui est technique par nature. Il s’agit d’échanger sur les travaux réalisés et de définir la feuille de route qui nous mènera à l’opérationnalisation du fonds. Les séquences de cet après-midi avec les cabinets-conseils serviront à cela. Mais au-delà de la technique, je voudrais que chacun d’entre vous garde à l’esprit la portée de ce que nous faisons. Nous sommes en train de créer l’institution qui pourra nous aider à décider dans 10 ans, 20 ans, 50 ans, comment les revenus du sous-sol guinéen auront été utilisés. »
Pour la mise en œuvre de ce projet d’envergure, l’État a fait appel à des experts nationaux et internationaux. Parmi eux figure l’ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou, actuellement en séjour à Conakry.
Ibrahima Soya






