A vous la parole : Ce que pensent les guinéens des menaces de retrait de certains Etats africains de la CPI

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Crédit photo: UN

Plusieurs Etats  Africains dont  l’Afrique du Sud, le Burundi et la Gambie menacent de se retirer du statut de Rome géniteur de la Cour Pénale Internationale (CPI). Votre quotidien électronique a recueillis l’avis de citoyens guinéens sur le sujet. Lisez plutôt!

Boubacar Nabé 

 boubacar-nabeJe soutien les chefs d’Etats africains qui ont décidé de quitter la CPI. C’est un signal fort que certains Etats Africains sont entrain de donner à la CPI. Il est normal que la vie des hommes et celles des nations soit régie par une certaines normes. Celle-ci doit se matérialiser par l’équité et le respect. Il se trouve que le fonctionnement et l’application des lois de la  CPI est beaucoup plus axé sur les Etats Africains et d’autres moins fort. Cet état de fait donc pousse les Etats concernés à prendre du recul ou se retirer de la CPI. Il faut signaler que le statut de Rome permet aussi aux Etats de se retirer si le besoin se fait sentir. C’est ce qui s’affiche aujourd’hui avec l’Afrique du sud, le Rwanda et la Gambie.

Kanké Camara, étudiante 

 kanke-camara-etudianteVous savez les Etats vont aux conventions librement et avec réserve. Aucun Etat n’est obligé de souscrire à une convention. Je me demande si les Etat africains réfléchissent bien avant la ratification des conventions auxquelles ils prennent part. Je prends l’exemple sur les Etats unis qui ne font pas partis du  statut de Rome. Sachant leur agissement dans le monde, ils ont préféré  prévenir pour ne pas qu’ils exposent aux éventuelles conséquences. Pourquoi les Etats Africains n’en feront pas autant comme le dit l’adage africain qui veut aller loin ménage sa monture. Il faut que les Etats africains fassent preuve de discernement en allant aux conventions. Il ne s’agit pas de ratifier et faire revirement à 90°.

Alia Bangoura, Transitaire 

La CPI a toujours fait deux poids deux mesures. Nous sommes pour le droit s’il s’applique à tous. Mais nous voyons qu’en ce qui concerne la CPI, ce ne sont que les pays du Sud qui sont dans leur viseur. Tantôt ce sont les pays asiatiques, sud-américains, tantôt ceux africains. Moi je pense que si les pays ont le droit de se retirer, ils n’ont qu’à le faire. Car le criminel n’a ni couleur ni de race. Le seul fait qu’importe, c’est la qualification de la chose ».

Jean Luc Kamano, entrepreneur

 jean-lucJe vois une remise en cause de certains pays africains de la CPI. Il faut dire que ces menaces ne datent pas d’aujourd’hui La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, remonte je crois au sommet de l’UA qui s’est tenu en Afrique du Sud lorsque madame le procureur de la CPI avait intimé à l’Afrique du Sud de mettre aux arrêts le président soudanais Oumar El Béchir ; Un président en exergue du pouvoir. Une réaction qui avait choqué les chefs d’Etats Africains sachant qu’ils pourraient se trouver dans la même situation dans l’avenir. Ce qui attire mon attention dans tout ça, c’est la Gambie, d’où Madame le procureur de la CPI est ressortissante. Donc c’est un signal fort. On devrait traiter les Etats au même pied d’égalité .

Propos recueillis par Nantènin Traoré

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