Ce jeudi 3 avril, la ville de Kankan a été le théâtre d’une manifestation. Une centaine d’enseignants contractuels non retenus à la fonction publique de la région ont organisé une marche pacifique pour exprimer leur ras-le-bol face à une attente qui n’en finit plus.
Après des années de service souvent précaires, ces enseignants exigent la régularisation de leur situation et la signature de leurs arrêtés de réintégration.
Moussa Diakité, président du collectif des enseignants contractuels, a exprimé sa profonde tristesse et sa détermination inébranlable. « Nous ne lâcherons rien tant que nos droits ne seront pas respectés. Nous avons trop longtemps souffert de l’indifférence de l’État. Il est temps que cela cesse. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas eu le concours mais seulement, nous n’avons pas été retenus. Sinon, nous avons tous eu nos moyens lors du concours. Vous pouvez passer dans les DPE pour vérifier », a-t-il déclaré avec émotion.
Les manifestants ont salué les propos de l’inspecteur régional de l’éducation, Moussa Kéita, qui a promis de transmettre leurs doléances aux autorités supérieures.
« L ́inspecteur nous a répondu et nous espérons que son engagement se traduira par des actes concrets, et non par de simples paroles en l’air », a souligné M. Diakité, exprimant un scepticisme palpable.
Moussa Kéita, ému par la détresse des enseignants, a exprimé sa solidarité et promis une résolution rapide de leur situation.
« Je comprends votre souffrance. Soyez assurés que je ferai tout mon possible pour que vos droits soient reconnus. Vos arrêtés seront signés dans les semaines à venir. Le président qui nous dirige est à l’écoute de tous. Il est plus proche de vous », a-t-il assuré.
L’un des faits marquant de cette manifestation réside dans la démarche spirituelle des enseignants, qui ont sollicité la bénédiction des lieux de culte.
L’Abbé Joseph Diallo, représentant de la cathédrale de Kankan, a exprimé son soutien indéfectible : « Nous avons prié pour eux et nous avons confié leur souci au seigneur en lui demandant de les exaucer et de les venir en aide. Nous demandons tout simplement aux autorités d’être à l’écoute vu qu’ils sont déjà en situation de classe. Ils ont déjà l’expérience dans l’enseignement alors nous demandons à l’autorité s’il y’a un concours ou un texte a organisé alors qu’elle le fasse pour pouvoir les aider à rentrer à la fonction publique »
En l’absence du gouverneur, le chef de cabinet, Almany Tounkara, a reçu la délégation de manifestants. Il a reconnu la légitimité de leurs revendications et a promis de transmettre un mémorandum détaillé aux autorités compétentes.
« Nous ferons tout notre possible pour que votre situation soit examinée avec la plus grande attention », a-t-il déclaré,
Au moment où nous quittions les lieux, les enseignants se sont dirigés vers la résidence du grand imam de Kankan, dans l’espoir de recueillir sa bénédiction et son soutien.
Karifa Lonkassia Doumbouya, depuis Kankan pour le lecourierdeconakry.com/