La situation actuelle de la Guinée préoccupe certains leaders politiques guinéens. C’est le cas du président du parti de liberté et du progrès (PLP), Laye Souleymane Diallo. C’est depuis Douala, capitale économique du Cameroun qu’il a exprimé sa préoccupation par rapport à la situation sociopolitique de son pays en cette période de transition.
Interrogé par un journaliste de la rédaction du Courrierdeconakry.com, le leader du PLP a adressé des salutations à tout le peuple de Guinée notamment les militants et sympathisants de son parti avant de jeter son regard sur l’actualité brûlante de son pays.
Réagissant sur le bras de fer entre le Premier ministre Dr Bernard Goumou et le Garde des sceaux, ministre d’État de la Justice et des Droits de l’Homme, Alphonse Charles Wright, M. Diallo a qualifié les agissements du magistrat de “l’indiscipline de haut niveau.”
Dans cette affaire, il accuse le ministre d’État Charles Alphonse Wright du non-respect de sa hiérarchie. “Quand on dit que la justice est indépendante, cela ne signifie pas non plus que le ministre de tutelle est indépendant du gouvernement. Le ministre de la justice n’a aucune indépendance dans le gouvernement puisque le Premier ministre est le chef du gouvernement qui détermine la politique du gouvernement, sauf s’il reçoit peut être des avantages ou des faveurs de lèche bottes de la part du chef de l’État. Cette faveur est liée à sa fonction politique et non à une indépendance vis-à -vis du gouvernement ou du Premier ministre. Charles Wright doit donc, quand son chef le rappelle à l’ordre, il doit respecter. Et en aucun cas le PM s’est opposé à sa décision. Il lui a tout simplement rappelé que ce genre de décision devrait être prise en conseil des ministres et non unilatéralement. Ce genre de comportement doit cesser. Chacun veut montrer qu’il a des affinités avec le Général 4 étoiles.”
Dans cette longue interview, notre interlocuteur s’est aussi intéressé la manière dont la transition actuelle se déroule.
Pour lui, c’est une désolation et déception incommensurable. “Vous savez, j’ai été l’un des premiers a félicité la prise du pouvoir par le CNRD. Les actes que les nouvelles autorités posaient ont suscité beaucoup d’espoir, mais les choses ne font que s’empirer. La dictature s’impose déjà quand les droits et libertés fondamentaux sont restreints, la criminalité et l’impunité battent le pavé, le dysfonctionnement administratif et bref le guinéen lambda croyait aux changements.”
 Le leader du parti de liberté et du progrès, après avoir relevé certaines défaillances sur la bonne conduite de la transition, Laye Souleymane Diallo pense qu’il faut vite agir pour sauver la transition.
“Le Général doit se réveiller s’il veut vraiment que les choses changent. Il faut qu’il mette en place un gouvernement d’union nationale issu des forces vives du pays. Cela apaisera les tensions sociales. La transition c’est de nettoyer, poser des jalons de développement, revoir les textes qui régissent la vie de la nation et rendre le tablier afin que les administrateurs civils s’occupent de la continuité. J’avertis que cette transition est sur une pente glissante.”
L’autre sujet d’actualité crucial qu’il s’est aussi intéressé est celui de la liberté de la presse et d’expression en Guinée. Pour l’acteur politique, c’est dommage qu’en Guinée que les citoyens soient privés de l’Internet. Même s’il remet en cause le comportement de certains blogueurs qui, selon lui, confondent liberté d’expression et libertinage.
 “Nous ne sommes pas qu’à même dans un zoo. Il faut qu’on dise à tout le monde sa part de vérité. Certains internautes et médias privés de la place se donnent le malin plaisir de critiquer pour rien. Ils prolifèrent des propos incendiaires ou des injures à l’encontre des autorités pour déstabiliser le climat social ou pour se faire de l’argent sans preuve palpable parfois. Ces actes sont regrettables et condamnables. L’État peut censurer et sanctionner des médias pour tels comportements mais ne doit pas couper l’internet ou brouiller les ondes des médias, ça démontre vis à vis sa faiblesse. Un gouvernement peut couper ou brouiller l’internet si la sécurité intérieure et extérieure du pays est menacée. Certains pays qui se disent démocratique l’ont fait dans le passé. Le gouvernement Chinois filtre toutes les informations provenant des influenceurs de Hong Kong, mais eux censurent les publications. La Russie a créé des canaux de filtration et d’ informations des réseaux sociaux. C’est pour la sécurité. C’est vrai que sans internet pas de moteur de recherche, de réseaux sociaux, mais il est indispensable dans la vie de l’homme moderne aujourd’hui. L’État doit être fort en sanctionnant et non poursuivre ou assassiner des hommes de médias dont la plupart sont séquestrés et harcelés.”
Alors qu’il est à l’extérieur du pays depuis la prise du pouvoir par le CNRD, le leader politique annonce son retour au bercail dès le mois d’avril prochain afin précise t-il de réorganiser le parti dans l’ensemble de ses structures, préparer les calendriers des élections internes et procéder à la préparation du prochain congrès national dont ils comptent anticiper.
Pour une transition réussie, le président du PLP a fait des recommandations à l’endroit des autorités mais également aux acteurs politiques du pays.
“Je voudrai tout d’abord signaler que le pays est dans un marasme économique qui a eu pour conséquence des frustrations et les autorités ne consultent personne, car ils ont un agenda caché. Le rôle du parti sera de calmer l’ensemble des classes politiques et des forces vives du pays, faire une campagne de sensibilisation pour éviter une insurrection populaire pouvant faire l’objet de victimes. Nous serons présents dans toutes les discussions et nous n’attendrons plus une invitation nous allons agir désormais.”
Ibrahima Foulamory Bah pour lecourrierdeconakry.com