Le renvoie de l’audience de ce lundi 5 décembre à cause de l’état de santé du Capitaine Moussa Dadis Camara qui comparaissait pour la première fois à la barre du tribunal adhoc, oppose les avocats de la défense. Si les conseillers de Dadis apprécient la décision du tribunal, ceux de Toumba s’opposent.

Les avocats d’Aboubacar Sidiki Diakité estiment que l’ancien chef de la transition devrait fournir un dossier médical qui atteste sa maladie. Par contre leurs adversaires soutiennent que cela n’est pas obligatoire.

Nous vous proposons ci-dessous, les différentes interventions de Pépé Antoine Lamah, avocat de Dadis et de Me Lancinet Sylla, avocat de Toumba ;

Pépé Antoine Lamah : « Il y a treize ans que le président Dadis attend ce procès. Quand il est rentré de Ouagadougou, depuis la première audience, il était prêt à prendre la parole, à livrer sa part de vérité. Mais malheureusement ces derniers temps il a eu ces soucis de santé qui n’ont pas été consolidés jusqu’à date. Si aujourd’hui, le tribunal en toute souveraineté a décidéé que ça soit son tour de parole et qu’il ne se sent pas bien, c’est tout à fait son droit de dire ça au tribunal. Le tribunal n’a pas d’autres obligations que de comprendre et de tirer toutes les conséquences de droit. C’est ce que le tribunal a fait.

Ce n’est pas par peur d’affronter les débats, ce n’est pas par peur de livrer sa part de vérité. Le président Moussa Dadis Camara a été toujours pressé pour prendre la parole et livrer sa part de vérité dans ce dossier. À l’audience prochaine, vous verrez, il sera en très bonne forme. Il livrera sa part de vérité, il va s’exprimer librement face au tribunal et il va se défendre conséquemment… Un bulletin médical est confidentiel. Le président Dadis Camara n’a pas besoin de soumettre son bulletin médical à son adversaire. »

Me Lancinet Sylla : « Nous avons voulu qu’il nous présente un dossier médical. Lorsque quelqu’un invoquee son état de santé pour faire renvoyer une affaire, l’intéressé doit être de même à prouver au moins qu’il est malade à travers la production d’un document médical et cela n’a pas été fait. Sur la base de quoi, le président a décidé en dehors de ces déclarations. Nous aurons souhaité entrer en possession d’une copie de son dossier médical, un document qui atteste qu’il souffre de telle pathologie et son état de santé ne lui permettait pas de comparaître. Mais rien de tout cela n’a été fait et vérifier sur la base de ces simples déclarations, le président a pris cette décision de renvoyer cette affaire.

Est-ce que Dadis n’est pas en train d’adopter de nouvelles stratégies ? Parce qu’il s’est rendu compte que la réalité du terrain est tout autre, et que tout ce qui avait été mis auparavant en place en termes de moyens de défense, s’écroule. Est-ce que ce n’est pas ce qui l’amène comme ça à se préparer davantage en invoquant une maladie de pathos. »

Pour rappel, le tribunal de première instance de Dixinn délocalisé à la Cour d’ Appel de Conakry a renvoyé l’audience en huitaine, plus précisément le lundi 12 décembre 2022.

Le Courrier de Conakry