La perturbation de l’internet en Guinée n’est pas sans conséquence. Le chiffre d’affaires des entreprises en ligne est en baisse. Les responsables des E-commerces se disent très impactés par la restriction du réseau internet dans le pays.

Rencontré ce jeudi 7 décembre 2023, à son bureau à Taouyah dans la Commune de Ratoma, Monsieur Alhassane Barry, entrepreneur, gérant de plusieurs plateformes en ligne notamment Fougoutinks et gérant d’une société de livraison dénommée Kissan Transport se dit très préoccupé par cette crise que traverse actuellement les E-Commerces en Guinée.

Il laisse entendre que la restriction du réseau internet a joué un impact négatif sur leurs différentes activités.

« Aujourd’hui, je dirais qu’au niveau de nos activités, c’est une paralysie totale. Surtout cela est arrivé à une période où la majeure partie des E-Commerçants du monde profitent du mois de décembre. Je ne sais pas si c’est l’État où c’est qui ? mais ils sont quand même responsables. Puisque dans un pays ou dans une famille, s’il y a un souci, le plus souvent, le père de famille connaît quelque chose. Ils (auteurs) allaient au moins choisir au mois de janvier ou un autre mois, mais le mois de décembre c’est donc, comme s’ils ont poignardé tous ceux qui font le E-commerce. « 

Il y a à peu près un mois maintenant, les guinéens n’ont pas accès aux réseaux sociaux. Et pourtant, ces E-Commerçants s’en servent de ces réseaux sociaux pour exposer leurs produits en ligne.

« En ce qui concerne la restriction, ça rend encore le chiffre plus bas. Par exemple, si on avait l’habitude de vendre un montant de dix millions de franc guinéen, soit mille dollars par jour, aujourd’hui on se retrouve avec 20% du montant. Et ça aussi c’est parce qu’il y avait eu un travail qui a été fait. Une manière de gérer la base de données de nos anciens clients, ce qui nous permet aujourd’hui de résister. Sinon, s’il ne reste que les nouveaux clients qui pourront acheter présentement là, ils ne parviennent même pas à y avoir accès et la majeure partie d’entre eux ne savent même pas que le VPN existe. Si ça continue comme ça, plusieurs jeunes vont se retrouver aussi dans le désespoir. Comme ceux qui ont complètement oublié le pays ou ceux qui prennent la mer méditerranée. Parce qu’ils ont perdu totalement espoir au pays. Nous ne faisons que survivre. Avec les charges du jour au lendemain, les charges logistiques, salaires des employés, ça risque de nous créer d’énormes problèmes. »

Pour Monsieur Barry, de nos jours, l’internet est plus qu’une nécessité qui s’impose à l’homme. C’est pourquoi, il invite les autorités de la transition à prendre à bras le corps cette situation.

« Ce que je dirais à nos autorités, c’est de s’inspirer de HUAWEI qui a tout récemment contourné la technologie qui est lié à l’internet américain en donnant la possibilité de mettre en place un système qui a une vitesse de débit plus élevé qui peut aller à la vitesse de 2 térabits par seconde. Cela veut dire en français facile, ça permet à quelqu’un de transférer 150 films 4K en une seconde. Ça c’est pour vous dire combien de fois la technologie est en train d’avancer. Nous n’avons même pas un bon débit et le minimum que nous avons c’est ce qu’on nous arrache…Je dirais tout simplement au président de la République, Colonel Mamadi Doumbouya, en tant que père de famille, présentement que Dieu a mis au dessus des guinéens, de revoir cette situation là. Sinon dans les jours à venir, des centaines des jeunes risquent aussi de se retrouver dans des situations extrêmement graves. Et si des employés se retrouvent dans des situations graves, on ne parle pas de ceux qui sont derrières et leurs familles, leurs enfants et autres »

Il faut rappeler que pour améliorer l’accès à l’Internet en Guinée, en Gambie, en Guinée-Bissau et la Mauritanie, et promouvoir un marché numérique unique en Afrique de l’Ouest, la banque mondiale a dans un communiqué de presse rendu public le 1er décembre 2023, approuvé un programme d’un montant de 266,5 millions de Dollars. Ce montant, il faut bien le préciser, vise à améliorer l’accès à l’Internet dans ces 4 pays Ouest-africain.

Ibrahima Foulamory Bah