La route reliant Bouré à Siguiri, pourtant essentielle pour les échanges économiques et la mobilité des populations, est aujourd’hui devenue un véritable parcours du combattant. Entre barrages routiers récurrents, tracasseries administratives et racket systématique, les usagers dénoncent une situation devenue intenable.
En quelques kilomètres, les usagers doivent franchir plusieurs barrages érigés par les forces de sécurité : police, gendarmerie, et parfois même des corps non identifiés. Ces postes de contrôle, initialement installés pour assurer la sécurité dans une zone aurifère sensible, semblent aujourd’hui servir à d’autres desseins.

« Ici à Bouré, nous les usagers de la route, nous subissons trop de souffrances par les agents de la sécurité de route. Ils ne jouent aucun rôle. Quand tu arrives au niveau des barages sans plaque, il demande 100 milles pour passer. Ils ne font que réclamer l’argent… »se plaint un conducteur de taxi-moto sous couvert d’anonymat.
Le phénomène du « payement forcé » est devenu monnaie courante sur cet axe. Qu’il s’agisse de transporteurs, de commerçants ou de simples citoyens, tous sont contraints de débourser de l’argent à chaque poste de contrôle.
« J’interpelle notre président Mamadi Doumbouya et le préfet de Siguiri. Nous souffrons beaucoup. Que tu sois un taxi maître ou orpailleur, que tu sois avec une plaque d’immatriculation ou pas, tu payes levé de barrage. Entre Koflani et Siguiri, il y a trois barrages. On dirait qu’il n’y a pas d’autorités à Bouré. Les barrages sont juste là pour prendre de l’argent avec les citoyens. Malgré ces barrages, les bandits nous tuent sous leurs yeux chaque jour. », s’indigne une commerçante.
Ce climat d’extorsion fragilise davantage les activités économiques dans une région déjà marquée par la pauvreté. Le coût du transport est en hausse constante, répercuté sur les prix des denrées. Les transporteurs, fatigués de ces pratiques, réduisent les trajets ou abandonnent complètement certaines liaisons.
Face à cette situation préoccupante, plusieurs voix s’élèvent pour appeler les autorités préfectorales et nationales à intervenir.
Mamadi Keita et N’Faly Seny Camara, tous taxi-maître tirent la sonnette d’alarme.
« Les agents sur la route nous fatigue trop, plaque ou sans plaque, tu payes. Les autorités doivent s’intéresser à cette situation, c’est bien d’installer le barrage, mais c’est pour le bien des citoyens et non contre eux. Nous sommes des pères de familles, chaque matin, il faut chercher de quoi manger. Nous avons abandonné le vol, le banditisme, mais le peu que nous gagnons à travers le taxi moto, les agents nous prennent tout ça aussi. Nous ne savons pas quoi faire maintenant>>.
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