A l’issue d’une longue étude portant sur le fonctionnement de la chaine pénale en République de Guinée, Mamadou Malal Diallo, consultant national qui a piloté ce projet a présenté officiellement le rapport aux médias ce jeudi 14 mai à Conakry.
Cette étude effectuée dans la capitale et à l’intérieur du pays a démarré en 2019 à l’époque du régime Alpha Condé. Elle s’est poursuivie pendant la transition jusqu’à après les récentes élections présidentielles en Guinée.

Dans la présentation officielle de ce rapport, le Consultant national Mamadou Malal Diallo a mis un accent particulier sur le non-respect du code pénal guinéen. D’après lui, les conséquences ont engendré des violations des droits de l’homme le plus élémentaires. De nombreuses personnes longuement détenues en prison ont été privées de justice. Sans avocats, des prévenus ont vu leurs dossiers se perdre dans les mains des magistrats alors que les accusés souffrent en prison.
Cette étude montre que tous les acteurs de la chaine pénale ont chacun une part de responsabilité des problèmes de la justice guinéenne.
‘’Pour ce qui concerne chaque acteur de la chaîne pénale, nous avons ressorti un peu quelques dysfonctionnements. Qui parle de dysfonctionnement, en réalité, doit être à mesure de reconnaître les faits intéressants qui sont intervenus, lors de cette étude. Parce que tout n’est pas mauvais dans ce qui se passe depuis la réforme des textes en 2016. C’est sûr qu’il y a des choses qui vont bien, mais il y a toujours des difficultés. La preuve n’est que, comme je l’ai dit, mentionné dans l’étude en 2014, le Procureur général près la cour d’appel de Conakry avait fait libérer, 8 personnes qui étaient détenues après cinq ans, au sein de la maison centrale, qui n’ont été ni présentées à un juge d’instruction, ni jugées. Donc ça, c’est un caractère étayant du dysfonctionnement. » dit-il
Poursuivant son speech, il ajoute : « Vous avez même des avocats, qui refusent souvent de donner les décisions de justice, les copies des décisions, à leurs clients. Parce qu’ils estiment qu’eux, ils sont mieux placés pour conserver ce dossier. Mais en réalité, ce n’est pas ça. C’est qu’ils ne veulent pas que les gens entreprennent d’autres démarches…».
Au-delà des acteurs, le Consultant a également évoqué l’insuffisance d’infrastructures judiciaires et pénitentiaires.
Dans ce rapport non exhaustif, M. Diallo donne des pistes de solutions aux gouvernants à remédier cette problématique.
« Nous avons fait une liste de recommandations avec des actions à entreprendre. On a dit qu’il y a 13 recommandations en total. Et chaque recommandation a au moins 4 ou 5 activités qui permettent également la mise en œuvre des recommandations. »
Ibrahima Soya









