Dans le remaniement du gouvernement d’Amadou Oury Bah présenté lundi soir à la télévision nationale, Bintou Keïta figure parmi les nouveaux visages de l’équipe. Sa nomination au poste de ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle attire l’attention de l’opinion nationale et internationale. Mais qui est vraiment cette haute diplomate, respectée à l’ONU mais encore peu connue du grand public dans son pays d’origine, la Guinée ?
Bintou Keïta est une haute fonctionnaire internationale qui a longuement servi au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Née en Guinée en 1958, l’année de l’indépendance du pays, elle effectue ses études primaires et secondaires au bercail avant de poursuivre son cursus supérieur en France. Elle y obtient une maîtrise en économie sociale à l’Université Paris II Panthéon-Assas, complétée par un DEA (diplôme d’études approfondies) en gestion des entreprises et économie sociale à l’Université Paris IX Dauphine.
Après ce brillant parcours académique, Mme Bintou Keïta intègre le système des Nations Unies en 1989. En plus de 35 ans de carrière internationale, elle s’est imposée comme une experte mondiale de la gestion de crise, du maintien de la paix et de l’action humanitaire. Elle a notamment dirigé des programmes d’envergure pour l’enfance dans plusieurs pays en situation de fragilité, tels que le Tchad, le Congo-Brazzaville, Madagascar et le Cap-Vert. Entre février et novembre 2015, elle s’illustre également en gérant avec succès la réponse opérationnelle de l’ONU face à l’épidémie du virus Ebola en Sierra Leone.
Ses compétences l’amènent à occuper des postes stratégiques de premier plan :
De 2007 à 2010 : Représentante exécutive adjointe pour le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB).
De 2015 à 2017 : Représentante spéciale conjointe adjointe pour l’Opération hybride de l’Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD).
Dès 2017 : Sous-Secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique à New York.
Nommée en janvier 2021 par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, elle devient la première femme d’Afrique subsaharienne à diriger la plus grande mission de paix au monde, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo. (MONUSCO). Elle y orchestre la protection des civils et amorce le plan de transition pacifique de la mission avant de quitter ses fonctions fin novembre 2025.
Aujourd’hui, Mme Keïta intègre le gouvernement Bah Oury pour mettre son expertise avérée au service de la patrie. Ses priorités s’orienteront très certainement vers la modernisation du système éducatif guinéen, l’éradication de l’analphabétisme et la mise en adéquation des formations professionnelles avec les exigences réelles du marché de l’emploi.
Ibrahima Soya






