L’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC) a organisé, le vendredi 31 juillet 2026 à Conakry, un atelier national consacré au cadrage des études de planification urbaine de 20 communes. Cette initiative marque une étape importante vers un développement mieux organisé des villes guinéennes.
Organisée dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance locale 2 (PAGL2), financé par la Banque mondiale, la rencontre a permis d’examiner et de valider les méthodologies proposées par les sept cabinets et bureaux d’études recrutés.
Les études concernent Boffa, Gaoual, Koundara, Dabola, Dinguiraye, Kissidougou, Mandiana, Kérouané, Kouroussa, Siguiri, Télimélé, Forécariah, Mali, Tougué, Lélouma, Dalaba, Pita, Beyla, Guéckédou et Lola.
Des investissements adaptés aux besoins des populations
Face à la croissance démographique, aux besoins en équipements collectifs et aux défis environnementaux, la planification urbaine devient un enjeu majeur pour les collectivités locales. Les études doivent aider les communes à mieux organiser leur territoire, à préserver les espaces disponibles et à déterminer leurs investissements prioritaires.
Pour le Directeur général adjoint de l’ANAFIC, Dr Laye Camara, la démarche doit permettre de doter les communes d’outils cohérents de programmation et d’aménagement.
« L’étude vise à doter chaque commune d’un plan d’investissement et d’un plan d’aménagement. Ces outils permettront de réaliser des infrastructures communautaires cohérentes avec les besoins exprimés par les populations, mais aussi avec la disponibilité du foncier dans les communes urbaines », a-t-il expliqué.
Chaque commune ciblée devrait ainsi disposer d’un Plan d’aménagement indicatif, accompagné d’outils cartographiques et de documents d’aide à la décision. Les préoccupations climatiques, environnementales et sociales devront également être intégrées dans le processus.
Harmoniser les méthodes avant les études de terrain
L’atelier a réuni des cadres de l’ANAFIC et de ses antennes régionales, des représentants des inspections régionales de l’aménagement du territoire ainsi que des techniciens de plusieurs ministères sectoriels.
Les sept cabinets ont présenté leurs approches méthodologiques, leurs outils de collecte et les différentes étapes prévues pour conduire les études. Les échanges ont permis de clarifier les responsabilités des acteurs, d’harmoniser les méthodes et de formuler des recommandations adaptées aux réalités de chaque région.
La coordination entre les services publics constitue également une condition essentielle à la réussite de la planification. Elhadj Loucény Kaba, inspecteur régional de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire de Mamou, a insisté sur cet enjeu.
« Plusieurs services publics interviennent dans la planification urbaine. Une meilleure coordination de leurs actions serait salutaire pour préparer les villes de demain », a-t-il déclaré.
De son côté, l’expert en planification urbaine Taied Houied a rappelé l’urgence d’anticiper la transformation des villes guinéennes. Selon lui, leur développement pourrait doubler au cours des 25 prochaines années, accentuant les difficultés actuelles si des mesures de planification ne sont pas prises dès maintenant.
L’ANAFIC au cœur de l’accompagnement des communes
À travers cette activité, l’ANAFIC ne se limite pas au financement des collectivités locales. Elle renforce également leur capacité à planifier leur développement, à hiérarchiser leurs besoins et à préparer des investissements répondant aux attentes des populations.
Cette nouvelle phase prolonge les acquis du premier Projet d’appui à la gouvernance locale, qui avait permis à huit communes urbaines de disposer d’un Plan d’aménagement indicatif, d’un Programme d’investissements prioritaires et d’une Évaluation environnementale et sociale stratégique.
Les notes de cadrage validées serviront désormais de référence pour le lancement des études de terrain. Les rapports produits seront ensuite examinés au cours d’ateliers régionaux organisés à mi-parcours et à la fin du processus.
En étendant cette démarche à 20 nouvelles communes, l’ANAFIC et ses partenaires veulent favoriser une urbanisation maîtrisée, des services publics mieux coordonnés et des investissements locaux fondés sur des données fiables et une approche participative.
À RETENIR
- 20 communes urbaines sont concernées dans les sept régions administratives ;
- sept cabinets et bureaux d’études conduiront les travaux ;
- chaque commune bénéficiera d’outils de planification et de programmation des investissements ;
- les infrastructures devront répondre aux besoins des populations et tenir compte du foncier disponible ;
- la coordination des services publics est présentée comme une priorité ;
- l’activité est mise en œuvre par l’ANAFIC dans le cadre du PAGL2, financé par la Banque mondiale.







