Le week-end dernier, plusieurs détenus de la Maison centrale de Conakry ont été transférés à la prison civile de Coyah. Parmi eux figure Aliou Bah, président du parti Mouvement démocratique et libéral (MoDeL). Le jeune leader politique quitte ainsi la capitale pour continuer à purger sa peine dans ce centre pénitentiaire. Selon nos informations, ce transfert d’Aliou Bah et de ses codétenus est motivé par des travaux de rénovation de la Maison centrale de Conakry, située au centre-ville. L’établissement pénitentiaire de la capitale devrait d’ailleurs être démoli dans les semaines à venir, apprend-on.
La prison civile de Coyah est notamment connue pour avoir accueilli le colonel Claude Pivi et le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba ». C’est dans ce centre pénitentiaire que leur état de santé s’est détérioré. Depuis lors, ce lieu est perçu avec appréhension par l’opinion publique.
En se référant au sort de Claude Pivi et de Toumba, l’incarcération d’Aliou Bah à Coyah ne rassure pas ses proches. D’autant plus que M. Bah est considéré comme l’un des principaux opposants au pouvoir de Mamadi Doumbouya encore présents en Guinée. Dans une déclaration officielle, son parti a exigé le respect des droits de son président.
« Le MoDeL, par l’intermédiaire du Collectif des avocats de M. Aliou Bah, prendra les dispositions nécessaires pour s’enquérir de ses conditions de détention et s’assurer du respect de son intégrité physique et morale ainsi que de ses droits. »
Dans le même sillage, la formation politique a demandé aux autorités judiciaires guinéennes d’appliquer la décision de la Cour de justice de la Cedeao, qui demande la libération d’Aliou Bah :
« Le MoDeL appelle les autorités compétentes à garantir le strict respect de ses droits et à assurer l’exécution de l’arrêt rendu le 25 juin 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO. »
Pour rappel, Aliou Bah avait été arrêté fin décembre 2024 alors qu’il s’apprêtait à quitter la Guinée pour un pays voisin. À l’issue de son procès, il a été condamné à deux ans de prison pour offense envers le chef de l’État. Selon le décompte, il ne lui reste plus que 4 mois et quelques jours à purger. La question est désormais de savoir si Aliou Bah sortira de prison sain et sauf.
Ibrahima Soya






