9 ans après, les ordures viennent de tuer encore des guinéens à Conakry. Dans la nuit du 22 au 23 août 2026, vers 2 heures du matin, des pluies torrentielles ont provoqué l’’effondrement de la décharge géante de Dar es Salam, à la lisière de la commune de Gbessia. Une montagne de déchets s’est écroulée sur les habitations en contrebas, surprenant les résidents dans leur sommeil.
Le dernier bilan officiel est lourd : on déplore au moins 30 à 31 morts et 22 blessés. Parmi eux, 6 personnes se trouvent dans un état grave et ont été évacuées d’urgence vers le CHU de Donka. Le ministre de l’Assainissement, Aboubacar Camara, avait programmé l’évacuation forcée et la fermeture définitive du site pour ce matin-là. La tragédie a devancé les pelleteuses de quelques heures à peine.
Pour les survivants, le réveil s’est fait en plein cauchemar. Sur place, les témoignages décrivent une véritable scène d’apocalypse, aggravée par un second drame dans le drame.
« J’ai entendu un grondement sourd, comme un séisme », raconte Amadou, un habitant du quartier, les mains encore couvertes de boue et les larmes aux yeux. « En sortant, j’ai vu la décharge s’effondrer sur la maison de mon voisin. Sa femme et ses deux enfants étaient piégés en dessous. On a creusé à mains nues, mais c’était déjà trop tard. »
Un autre habitant explique comment la situation a basculé : « Dès la première coulée, les jeunes du quartier ont couru pour sortir les victimes des décombres. C’est à ce moment-là qu’un deuxième glissement s’est produit. La montagne de déchets s’est effondrée sur les secouristes eux-mêmes. C’est un vrai massacre. »
Devant l’ampleur de la catastrophe, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu sur place pour exprimer le soutien du chef de l’État. Il supervise actuellement les opérations de secours, qui mobilisent le Génie militaire, la Protection civile et la Croix-Rouge.
La ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, s’est également exprimée :
« C’est un drame national qui nous touche en plein cœur. Nous présentons nos condoléances les plus sincères aux familles. Notre priorité absolue est d’utiliser les engins lourds pour retrouver d’éventuels survivants. Le gouvernement s’engage à reloger d’urgence toutes les familles rescapées de ces zones à haut risque. »
Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que la décharge de Dar Dalam fait des victimes. En 2017, de nombreux guinéens ont perdu la vie suite à l’éboulement des ordures. 9 ans après l’Etat guinéen demeure incapable de trouver d’évacuer la montange d’ordure. Chaque année, les promesses se suivent mais sur le terrain le résutlat est accablant voir désastreux.
Ibrahima Soya






