À l’instar de la Côte d’Ivoire et de plusieurs autres nations africaines, la République de Guinée s’apprête à se doter d’un fonds souverain. Récemment, lors d’un atelier de restitution des réunions préparatoires, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a officiellement présenté le projet avant de fixer le cap de ce Fonds Souverain de Guinée (FSG), dont le lancement est imminent.
D’après la ministre, le FSG sera une société anonyme dont le capital sera détenu à 100 % par l’État guinéen. Ce projet d’envergure est directement adossé au programme présidentiel Simandou 2040. L’objectif affiché est clair : capter et valoriser les revenus exceptionnels issus de l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou, afin de diversifier l’économie nationale et de garantir un patrimoine durable pour le pays.
« Ce Fonds est l’expression directe de la vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Face à un pays dont le sous-sol recèle parmi les plus grandes réserves minières du monde, il a posé une question que nos populations se posent depuis des générations : « À qui profite cette richesse minière naturelle, et pour combien de temps ? » Le Fonds souverain de Guinée est sa réponse institutionnelle à cette interrogation », a-t-elle déclaré.
Poursuivant son allocution, la ministre a détaillé les trois missions complémentaires sur lesquelles reposera le FSG :
D’abord, financer le développement. « Les revenus tirés de nos ressources minières doivent se traduire en infrastructures, en accès à l’éducation, en services de santé et en emplois pour les jeunes dans nos régions. C’est la mission la plus immédiate, celle que nos populations attendent de voir se matérialiser dans leur quotidien. Après les investissements massifs visibles – chemin de fer, port, infrastructures connexes –, le plus important pour elles reste le changement positif dans leur vie de tous les jours », a indiqué Mariama Ciré Sylla.
Ensuite, stabiliser les finances publiques. « Les cours des matières premières fluctuent, alors que les besoins de l’État sont constants, voire en progression. Le fonds servira d’amortisseur pour que les périodes de baisse des cours ne se transforment pas en crise budgétaire, permettant ainsi une gestion économique basée sur l’anticipation plutôt que sur la réaction. »
Enfin, épargner pour les générations futures. « Une partie des revenus de nos ressources naturelles sera préservée au bénéfice de ceux qui viendront après nous. C’est peut-être la dimension la plus exigeante de ce projet : accepter de mettre de côté aujourd’hui pour que demain soit plus solide », a-t-elle conclu.
Avec la mise en place stratégique du FSG sur l’ambitieux programme Simandou 2040, la Guinée tente le pari de la maturité économique. Reste désormais à transformer ces promesses institutionnelles en réalités concrètes pour les populations. Si le défi de la gouvernance et de la transparence est relevé, ce fonds souverain pourrait bien être le levier historique qui fera passer la Guinée du statut de « scandale géologique » à celui de modèle de prospérité partagée.
Ibrahima Soya






