La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), à travers son procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire portant sur des soupçons de détournement de deniers publics, de corruption et d’enrichissement illicite. Les investigations ciblent la gestion financière des examens nationaux en Guinée sur la période allant de 2010 à 2026.
Dans une correspondance officielle adressée au Directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), le procureur demande que des investigations approfondies soient menées sur les ressources générées par la Direction générale des examens et contrôles scolaires, concours et passerelles (DGECS-CP).
Selon des sources proches du dossier, d’importantes sommes d’argent auraient été mobilisées autour de diverses prestations liées aux examens nationaux, notamment le Certificat d’études élémentaires (CEE), le BEPC et le baccalauréat unique. La correspondance mentionne des montants précis :
5,724 milliards GNF au titre des cartes spéciales d’examens ;
8,585 milliards GNF pour les frais de diplômes et de relevés de notes des admis au baccalauréat ;
618,120 millions GNF pour la légalisation des diplômes et relevés de notes ;
5,724 milliards GNF pour les photos spéciales d’examens.
Le document évoque ainsi un préjudice potentiel de plusieurs dizaines de milliards de francs guinéens. Le parquet indique que, d’après les dénonciations reçues, ces fonds auraient été utilisés sans jamais être reversés au Trésor public, en violation flagrante des règles de la comptabilité publique.
Ces accusations devront toutefois faire l’objet de vérifications minutieuses au cours de l’instruction. À ce stade des procédures, les faits reprochés restent présumés et ne sont pas judiciairement établis.
LCC




