ALHASSANE AMINATA TOURE: « l’ANAFIC, un instrument de répartition équitable des revenus de l’Etat »

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L’Agence nationale de financement des collectivités (ANAFIC) a procédé il y a quelques semaines au lancement de ses activités à travers la Guinée. Dans toutes les régions du pays et notamment au niveau rural, présidées par des membres du gouvernement, il y a eu des cérémonies de pose de première de nombreuses infrastructures à vocation de développement socioéconomique. Avec à la clé d’importantes sommes d’argent destinées en particulier à booster le développement des communautés à la base. A l’occasion, nous donnons la parole au Directeur général de cette Agence, Alhassane Aminata Touré, pour expliquer le fonctionnement de l’institution, les sources du financement dont elle se sert ainsi que le niveau de mobilisation de ces ressources.

D’où viennent les fonds qui vous permettent de financer les projets récemment lancés ?

Les ressources de l’ANAFIC proviennent principalement des 15% de la taxation minière conformément à l’article 165 du Code minier payées au budget d’investissement des collectivités locales de la Guinée. Comme vous le savez, le président de la République, le Pr Alpha Condé a rétrocédé 15% des recettes nationales minières aux collectivités locales ; la principale source de ces financements c’est donc ce fond national de développement local (FNDL) qui est de près de 50 millions de dollars. Mais il y a aussi les dotations des départements sectoriels pour les compétences qui sont transférées aux collectivités et qui sont aussi gérées par l’ANAFIC. Ces dotations, à leur tour, font un montant de 20 millions de dollars cette année. C’est ce qui fait à peu près 70 millions de dollars de ressource que nous allons gérer cette année pour le compte des collectivités locales.

Quelles sont les collectivités éligibles au fond national de développement local ?

Le FNDL est utilisé pou toutes collectivités de la Guinée hors celles de Conakry. Ce financement concerne 307 communes urbaines et rurales de Guinée en dehors de Conakry. Il est différent du Fond de développement économique local (FODEL) qui est destiné uniquement au financement des activités économiques de développement dans les collectivités directement impactées par les exploitations minières.

Avec le programme d’appui aux communautés villageoises (PACV), vous gériez à peu près 2 millions de dollars. Comment la mutation s’est-elle faite entre le PACV et l’ANAFIC ?

Avec le PACV, pendant une dizaine d’années, on a testé des outils qui auront prouvé au niveau national et au niveau international que l’on peut faire confiance aux collectivités, que les collectivités peuvent assurer leur maitrise d’ouvrage. Donc, nous avons testé des outils et des mécanismes de financement ; et l’un des objectifs du PACV était la mise en place d’un mécanisme pérenne et durable de la décentralisation. Donc, c’est au bout de cela que l’ANAFIC a été créée.

Comment les collectivités pourront elles accéder aux fonds de l’ANAFIC ?

C’est à travers le Plan de Développement local (PDL) que les collectivités étalent un plan sur cinq ans. Dans ce plan, sont consignées toutes les activités à réaliser. Et chaque année, les collectivités élaborent un plan annuel d’investissement (PAI) qu’ils soumettent à l’ANAFIC pour financement. Parallèlement, l’ANAFIC continue de renforcer les capacités techniques des collectivités dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des projets de développement.  Dans certaines collectivités, le processus de passation de marché a commencé. C’est à l’issue de ce processus de passation des marchés que nous transférons sur le compte de la collectivité des ressources nécessaires pour leur budget d’investissement annuel pour 2019.  A date, 222 collectivités ont reçu leur premier décaissement qui représente 30% du PAI 2019. Cela représente plus de 100 milliards.

Je veux rassurer que c’est un processus très sécurisé. A chaque niveau, il y a un contrôle, les vérifications et la validation. Les approbations sont faites à tous les niveaux.

Vous avez une longue expérience dans l’accompagnement de ces collectivités. Quel espoir fondez-vous dans la mutation entre le PACV et l’ANAFIC ?

L’ANAFIC est une répartition équitable des revenus de l’Etat vis-à-vis des populations, on ne peut avoir une meilleure aubaine que la mise en place de cette agence pour l’envoi des ressources des collectivités. Vous vous imaginez cette année, chaque commune fera au moins deux infrastructures. Nous aurons à gérer près de 700 marchés pour cette année. Et les choses iront crescendo. Conséquemment, l’accès aux services sociaux de base ne pourra que s’améliorer, en vue de la lutte contre la pauvreté. Aussi, je pense qu’il faut continuer à remercier  le président de la République pour la mise en place de ce dispositif-là.

Propos recueillis par Monique Curtis

Source : ledjely.com ­

 

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