Kankan: Les femmes délogées du marché dénoncent la politique de recasement

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Les opérations de déguerpissement des femmes vendeuses du marché Sogbè dans la commune urbaine de Kankan ont commencé ce lundi 17 juin 2019. Cette une action des autorités communales est motivée par leur volonté de construire un nouveau marché. Sur place si cette initiative est appréciée par plus d’un, force est de constater que certaines femmes n’ayant pas été recasées ont dénoncé cet état de fait avant d’interpeller la commune.

La construction d’un nouveau marché dans la commune urbaine de Kankan ne fait pas que des heureux. Certaines femmes vendeuses déguerpies sur les lieux ont du mal à se trouver une autre place aux alentours du marché. Pourtant, selon plusieurs d’entre elles, c’est les autorités qui leur ont demandé de venir s’installer vers le quartier Baloni. Certaines ont été sommées de quitter la place qui leur a été donnée par la commune.

« Ce matin, des gens sont venus nous dire que le maire a demandé à ce qu’on change de place parce qu’il devrait y avoir la construction d’un nouveau marché. Mais depuis qu’on est arrivées ici, on n’a pas eu de place. On ne fait que marcher, pourtant on a été recensées, mais comme nous sommes toutes venues ensemble, très nombreuses, moi je n’ai pas eu de place, et pire encore, les tables qu’on a installé ont été toutes déguerpies que c’est la route, je suis très inquiète, je ne sais que faire. Je demande au maire de tout faire pour qu’on ait une place. Moi, mon mari est décédé. Je m’occupe de mes enfants », a dit Fanta Kaba.

Si beaucoup d’entre elles ont apprécié l’idée de doter le lieu d’un nouveau marché flambant neuf, certaines sont contre. C’est le cas de Nafa Kourouma: « J’avais une bonne place là où j’ai quitté, mais ici je n’ai pas de place. Donc je ne suis pas contente de ce déguerpissement. Ils n’ont qu’à avoir pitié de nous pour nous trouver une bonne place. Nous sommes toutes des mères de famille ici. Le nouveau maire n’a qu’à nous aider.»

Outre le manque de place auquel elles sont confrontées, certaines femmes ont salué l’initiative, mais en demandant que le travail soit vite fait, pour ne pas qu’elles se retrouvent sous la pluie. « On est vraiment contente de l’initiative, mais ce qu’on peut dire aux autorités, c’est d’accélérer les travaux parce qu’on est maintenant dans la saison pluvieuse, nous avons toutes des enfants qu’on nourrit.Donc elles doivent faire rapidement les travaux sinon on foutues avec cette saison pluvieuse », a affirmé Hadja Traoré.

Interrogé à la commune, le maire Mory Kolofon Diakité ne s’est pas prêté à nos questions sous prétexte qu’il s’est prononcé sur les ondes d’un média de la place sur le même sujet.

En tous cas sur le terrain ce qui reste clair, c’est que nombreuses sont ces femmes étalagistes qui n’ont pas eu de place sur leur nouveau site.

Mamadi Kaba depuis pour lecourrierdeconakry.com

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