Mory Kolofon Diakité, maire de Kankan : « Il n’y a pas de crise ici, c’est les pompistes qui veulent en créer »

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La pénurie du carburant qui sévit en Guinée en général et à Kankan en particulier a pris une proportion inquiétante dans la commune urbaine. Face à la situation, le maire Mory Kolofon Diakité a pris des mesures drastiques pour éviter que la commune ne s’enfonce davantage dans la crise du carburant, avec dans sa ligne le mire, les pompistes des différentes stations-service de la place.

Les citoyens de la commune urbaine de Kankan sont dans le cul-de-sac depuis maintenant cinq jours, suite à la pénurie d’essence qui sévit en Guinée. Chaque jour ce sont de files indiennes qui se forment dans les stations.

 Selon Mory Kolofon Diakité, maire de la commune urbaine de Kankan, c’est les pompistes des différentes stations de sa juridiction qui veulent envenimer la situation : « Il n’y a pas de crise à Kankan. C’est les pompistes qui veulent en créer. C’est eux qui servent dans les bidons et les motos des gens qu’ils connaissent. Ces derniers vont vider les bidons et motos pour revenir encore. Bien sûr il y avait trois jours de retard dans l’approvisionnement de carburant, mais cela n’a jamais été le cas à Kankan, parce que le jour même de la crise on n’a mis 80 mille litres d’essence et 80 mille litres de gasoil à la disposition de la population de Kankan ».

Poursuivant, il dénonce ceux qui transportent de l’essence hors de la Guinée dans des pays où le prix du litre a flambé : « Vous savez, il y a 342 communes en Guinée. Il y a 58 communes urbaines et rurales dans la région de Kankan. On ne peut pas accepter que des individus prennent l’essence de Kankan et l’envoyer à la frontière pour faire la spéculation au Mali, en Côte d’Ivoire et au Sénégal où le prix d’essence a augmenté. J’ai fait un communiqué dans les médias pour dire aux gens de ne pas servir dans les bidons et les fûts. J’ai des preuves tangibles de l’exportation d’une quantité énorme d’essence hors de Kankan. Maintenant si les pompistes et gérants s’entêtent et qu’ils continuent à servir dans les bidons et les fûts, ça c’est un mépris de l’autorité».

Pour terminer, il assure que des gens ont été déployés dans toutes les stations de la commune urbaine pour surveiller les pompistes. Ousmane Cissé est un des surveillants. Il confirme les propos de Mory Kolfon Diakité : « Nous sommes envoyés par le maire de la commune pour contrôler les pompistes et les gérants de toutes les stations de Kankan. Moi-même je suis à la station sur la nationale Kankan-Siguri comme ça».

Il faut signaler qu’au marché noir, le litre d’essence s’achète à 12.000 gnf voire même chez certains à 15.000 gnf.

Mamadi KABA depuis Kankan pour lecourrierdeconakry.com

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