Suite à la situation dans laquelle la presse guinéenne traverse actuellement, le PDG du groupe Hadafo Média, Lamine Guirrassy, annonce la mise en congé technique de ses travailleurs si la situation actuelle persiste. Il l’a fait savoir dans une interview qu’il a accordée à nos confrères de la Radio France internationale (RFI) dans la matinée de ce vendredi 26 janvier 2024.
Il y a de cela deux mois, la presse guinéenne traverse une situation très grave dans le pays. Certaines radios sont brouillées, des chaînes de télévisions retirées des bouquets Canal+ et Startimes sur la demande des autorités de la transition. Une situation qui a fait chuter l’audimat de ces médias et cela affecté l’assiette financière. Certaines de ces entreprises ont mis leurs travailleurs en congé technique. C’est le cas notamment de FIM FM.
« Avec la situation qui prévaut, il va évidemment falloir prendre des dispositions. Depuis le mois de décembre 2023, l’audimat baisse parce que l’État a demandé aux opérateurs Canal+ et Startimes de couper la diffusion d’Espace TV. Les pertes aujourd’hui s’élèvent à des milliards de francs guinéens. Donc, évidemment que ça aura des répercussions sur les salariés dans les semaines à venir et si la situation ne s’arrange pas, nous serons obligés de faire comme d’autres médias pour pouvoir au moins peut-être avoir le service minimum. Mais économiquement, c’est très compliqué », a annoncé l’animateur principal des GG.
Au cours de son intervention, Lamine Guirassy semble donner raison au régime de l’ancien président Alpha Condé. Qui selon lui n’a jamais dépassé les bornes envers les médias guinéens. Il affirme que le libérateur annoncé est devenu aujourd’hui l’oppresseur.
« Nous n’avons jamais vu ça. Quand on parle de transition. Nous, c’est la deuxième fois qu’on assiste à une transition militaire, après Konaté et après Dadis. Au temps d’Alpha Condé, on a tellement dénoncé, on a tellement critiqué, mais jamais Alpha Condé n’est allé à ce point-là, à demander aux opérateurs d’occulter des chaînes ou à brouiller les fréquences. Jamais il ne l’a fait. Est-ce que notre État est en train de devenir la Birmanie ? Je n’en sais rien du tout, mais je me pose des questions, parce que la chape de plomb, c’est juste extraordinaire. C’est-à-dire que vous travaillez, mais vous rentrez à la maison et vous vous dites peut-être que ce qu’il reste, c’est l’élimination physique. Ce qui est en train de se passer est inédit. C’est tellement grave que c’est juste incroyable »
Ibrahima Foulamory Bah pour lecourrierdeconakry.com