Routes : Guéckedou risque de se couper du reste de la Guinée

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Photo de la route café, Déviation de la nationale

Depuis quelques années, la Guinée souffre d’un manque d’infrastructures routières tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Aujourd’hui et plus que jamais, les principales routes qui relient  les villes de la région forestière sont dans un état de dégradation très avancée.  Les usagers peinent à faire acheminer leurs produits agricoles vers les grands centres urbains. Car, l’axe Kissidougou-Gueckédou est presque impraticable et si rien n’est fait, Guéckedou risque d’être couper du reste du pays.

Ce tronçon devient chaque année le cauchemar des transporteurs. Pour l’instant, la dégradation continue et la circulation s’intensifie chaque jour, surtout  en cette période de grandes vacances et de pluie. Tous les jours, des centaines de gros porteurs et de camions en partance  pour la  capitale Conakry  empruntent cette route.  « Tellement que nous souffrons, nos produits se gâtent parfois en cours de route. Pendant ce temps, nous voyons les travailleurs de la société SATOM qui disent être venus pour réparer la route, mais on voit rien », renchérie Amara Cissé, chauffeur sur le même tronçon.

Le constat est amer. Sur ce tronçon, les chauffeurs de camions remorque paye le prix de ce dont ils ne sont pas responsables car c’est de la responsabilité de l’Etat de doter le pays d’infrastructures viables. Ces chauffeurs sont  obligés de payer des sommes allant de 50  à 100.000 francs guinéens aux jeunes de ladite localité pour se frayer un chemin. Aussi, ils sont contraints de rembourser les commerçantes qui voient leurs produits pourrir  durant le temps d’attente. Cette somme est estimée entre 8 et 9 millions par les chauffeurs. Ce qui du coup, joue sur leurs rentabilités. Sans compter les nombreux cas d’accidents toujours liés aux mauvais états des routes. « On est habitué à ça ici», s’alarme un camionneur qui transporte des tonnes de bananes. Pour lui, il est difficile de cacher que cette situation ralentit les commerces. Pour l’instant, le cauchemar  continue puisqu’aucune mesure n’est prise pour soigner la situation. Mamadi Keita, chauffeur de camion Renault, nous retrace le calvaire de cette route : « Cette route nous fatigue vraiment cette année. Distante de 35 km, nous  passons parfois quatre jours entre Gueckédou et le village Kondembadou. »

Le Fond d’entretien routier qui a pour mission régalienne d’entretenir les routes est indexé par tous. Depuis le lancement des travaux de bitumage de cette nationale par la société SATOM, les populations de Guéckedou s’interrogent  si les travaux toucheront leur ville.

Cette route à une importance capitale pour évacuer les produits commerciaux de la forêt vers les autres marchés du pays en huile de palme, bananes, café, cacao et autres produits agricoles.

La situation doit être en outre une leçon pour les autorités du pays, qui doivent faire du slogan du changement, une réalité socio-économique avant d’être politique.

Alexis Kolié, Depuis N’zérékoré.

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