Violences faites aux femmes : Moussa Yéro Bah, une militante convaincue

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Les 16 jours d’activismes contre les violences faites aux femmes, se poursuivent à Conakry. En Guinée, Moussa Yéro Bah, journaliste à la Radio Espace FM est l’une de ces femmes qui se battent contre les violences faites aux femmes. Elle est présidente de l’ONG Femme Développement et Droits Humains.

Moussa Yéro Bah pense que, chacun devrait lancer des messages, poser des actes, allant dans le sens d’éliminer toute forme de violences faite aux femmes.

 « Chez nous, il y  a des violences comme un peu partout dans le monde. La différence est qu’ailleurs la loi est appliquée lorsque les droits sont violés. Mais chez nous, il y a l’impunité. Donc les lois ne s’appliquent pas. Ce qui fait qu’on parle d’interdiction de l’excision, qui est une sorte de violence faites aux femmes, parce que quand vous blessez une personne, vous la mutilez, vous portez atteinte à son intégrité physique. Normalement la loi est contre cela, mais que fait, que fait la justice pour réprimander, punir ? » S’est-elle interrogée.

A quelques exceptions près, la justice a essayé d’agir malgré tout. Mais les chantiers sont énormes.  « C’est le cas des mariages forcés et précoces, ça se fait au vu et au su de tout le monde. On sait que donner une fille de 12 ou 13 ans en mariage, dont les organes n’ont même pas fini de se développer, c’est porter atteinte à l’intégrité de la fille, c’est l’empêcher de se développer, l’empêcher de suivre une bonne éducation, d’étudier et de pouvoir s’émanciper » ajoute dame Yéro Bah.

Pour elle chacun doit jouer son rôle, même si c’est dans les quartiers autour du thé, des jeunes doivent donner des conseils aux parents.

« Même dans les mosquées on doit faire des sermons allant dans le sens lutter contre les violences faites aux femmes, parce que, même dans la religion, si nous prenons l’islam, c’est une religion de paix et  on voit dans le coran que la femme est synonyme de respect. On doit respecter la femme, la dorloter, faire en sorte qu’elle ne soit pas maltraitée comme cela se fait le plus souvent ».

Les violences conjugales sont également récurrentes. Moussa Yéro Bah connu pour son combat est devenu l’épaule sur laquelle repose beaucoup de têtes.

« Pas plus tard qu’hier, une jeune femme m’a appelé en larmes. A chaque fois elle est battue par son mari, elle est commerçante, elle fait de son mieux pour vivre. Mais à chaque fois qu’elle sort, elle est battue par son mari par jalousie. Pour ce cas présent, elle m’a appelé parce qu’elle est effrayée, car elle a été menacée de mort. Donc c’est ce qui se passe le plus souvent dans les foyers » témoigne t-elle.

Elle invite tout le monde à s’engager notamment les journalistes. « Par exemple le viol est puni dans l’article 321 du code pénal, mais si ce n’est pas vulgarisé on ne peut pas le savoir. C’est pourquoi nous avons organisé la dernière fois, ‘’ Une journée porte ouverte à la gendarmerie et à la police pour retenir que ce sont des services qui sont là pour accueillir les femmes et les personnes qui sont victimes de violence. Nous avons invité des étudiantes qui vont restituer ces journées dans les universités avant la fin des 16 jours d’activismes »

Le 25 novembre de chaque année est célébré la journée internationale de l’élimination des violences faites aux femmes. C’est aussi une occasion de lancer les 16 jours d’activisme, qui vont du 25 novembre au 1O décembre, qui correspond à la journée internationale des droits de l’Homme.

Nantènin Traoré       

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