À New York, en marge de la 70ᵉ session des Nations Unies sur la condition de la femme, la Guinéenne Hadja Mariama Sow a été distinguée par le Secrétariat général de « Religion pour la paix », recevant le prix d’honneur des actions multireligieuses. Une reconnaissance internationale qui met en lumière un engagement constant en faveur du dialogue interreligieux et du vivre-ensemble.
Mais au-delà du prix, ce sont surtout les mots de la lauréate qui ont marqué les esprits. « Les mots me manquent. Aujourd’hui, je représente les femmes de foi. Pas seulement les musulmanes, mais aussi les chrétiennes. Nous nous sommes donné la main depuis 2006 pour parler d’une seule voix », a-t-elle déclaré avec émotion.
À travers cette prise de parole, Hadja Mariama Sow rappelle que le dialogue interreligieux n’est pas un concept abstrait, mais une pratique concrète, construite dans la durée, fondée sur la solidarité entre femmes de différentes confessions. Son engagement s’inscrit dans une dynamique inclusive où la foi devient un facteur de rapprochement plutôt que de division.
« Ce prix n’est pas seulement le mien », a-t-elle laissé entendre, en évoquant implicitement toutes celles qui œuvrent dans l’ombre pour la paix sociale. Une démarche qui confère à cette distinction une portée collective, au-delà de la personne.
Cette vision trouve un écho particulier en Guinée, où la coexistence entre communautés religieuses constitue un pilier de la stabilité sociale. En incarnant cette réalité sur la scène internationale, Hadja Mariama Sow contribue à renforcer l’image d’un pays attaché aux valeurs de tolérance et de dialogue.
Sa voix, désormais portée au niveau mondial, s’impose comme un appel à poursuivre les efforts en faveur de sociétés plus apaisées, où les différences deviennent des passerelles plutôt que des barrières.
Cette distinction s’inscrit par ailleurs dans une reconnaissance internationale partagée. La Guinéenne figure parmi trois lauréates mondiales du Women of Excellence in Multi-Religious Action Award 2025, aux côtés de Marie-Josée Tardif (Canada) et Nageeba Hassan Tegulwa (Ouganda).
Si les contextes diffèrent, leurs engagements convergent. Au Canada, Marie-Josée Tardif est reconnue pour son action en faveur de la réconciliation des peuples autochtones et de l’harmonie interreligieuse. En Ouganda, Nageeba Hassan Tegulwa se distingue par son engagement de terrain pour la protection des droits des femmes et des enfants.
Selon Révérende Doyeon Park, membre du comité de sélection, « les candidates ont été distinguées pour leur engagement profond dans les communautés, leur capacité à bâtir des ponts entre les religions et leur contribution à la cohésion sociale ». Elle souligne également que « ce qui a le plus marqué le comité, c’est la profondeur de leur engagement et la compassion qui caractérisent leurs actions, souvent menées discrètement mais avec un impact réel ».
La distinction a été saluée par les autorités guinéennes. La ministre de la Promotion féminine, Patricia Adeline Lamah, a exprimé « une grande fierté », estimant que « ce prix reflète l’engagement constant des femmes guinéennes pour la paix et le vivre-ensemble ».
En dédiant son prix au président de la République, Mamadi Doumbouya, et à l’ensemble des femmes de Guinée, Adja Mariama Sow inscrit cette reconnaissance dans une dynamique nationale plus large en faveur du leadership féminin et de la cohésion sociale.
Au-delà des parcours individuels, ce prix met en lumière un mouvement international porté par des femmes de foi qui, à travers leurs actions, contribuent à déconstruire les clivages et à bâtir des sociétés plus inclusives. Une reconnaissance qui, pour la Guinée, résonne comme un signal fort en faveur du dialogue, de la tolérance et de l’unité.
Jeanne Laforestière










