Incarcéré à la maison centrale de Conakry depuis quelques jours, Soriba Soumah, Directeur Général du Centre National de la formation sociale de Jean Paul II a comparu ce lundi 4 avril à la barre de la chambre du jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Il est poursuivi avec deux autres accusés notamment Ismael Traoré et Mohamed Sangaré. Ce dernier qui occupait le poste de Chef Comptable serait en fuite au Canada.
Selon le parquet dirigé par le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, ces prévenus sont poursuivis pour : détounement de deniers publics, corruption d’agents publics faux et usage de faux en écriture publique, enrichissement illicite et complicité.
Lors de ce premier jour d’audience, le tribunal dirigé par Alpha Camara s’est accentué sur le détournement de 12 milliards 400 millions gnf qui est un montant destiné à l’acquisition des médicaments et des équipements pour l’hôpital Jean Paul II.
Dans sa déposition, Soriba Soumah a nié les faits qui lui sont reprochés et fait face aux questions du ministère public dont Charles Wright.
« Jean Paul II avait bénéficié d’un montant d’une subvention spéciale de la part du ministère du Budget pour l’achat des équipements et des matériels.
Les fonds sont tombés sur notre compte au mois de janvier. On nous avait de demander de faire une demande avant de bénéficier de 12 milliards 400 millions gnf » dit-il avant d’expliquer le processus de l’obtention de cette subvention.
« Les démarches ont suivi. On a déposé le document au ministère du budget. Ils ont étudié. Le document est parti jusque chez le secrétaire général à l’époque. Eux aussi, ils ont étudié, ils ont soumis le document pour la signature du ministre du budget à l’époque. Une fois l’arrêté signé, le montant est tombé sur le compte de Jean-Paul II au Trésor public. C’était un montant de 12 milliards 400 millions gnf pour achat d’équipements et de médicaments. Il y a eu deux contrats. Le contrat d’équipements et le contrat de médicaments. Et un premier fournisseur a eu le contrat de médicaments. Ça a été livré depuis. Mais pour l’équipement, on n’avait pas… Bon, pour les deux, on n’avait pas de PRMP (Personne Responsable des Marchés Publics. On a trouvé une PRMP. Il est venu, il a fait son travail et AD Multiservices a eu le contrat d’équipements, signé par le directeur général et le ministre Mourana à l’époque. Le ministre de l’économie et de la finance. Dans le contrat, monsieur le procureur spécial, il était mentionné de payer les 30% du contrat qui correspond à 3 milliards et quelques. C’est ces 3 milliards et quelques que j’ai ordonné pour donner au fournisseur. Parce que ça, ça se trouve dans le contrat. Depuis lors, jusqu’à l’instant, monsieur le procureur, je n’ai décaissé aucun franc pour donner au fournisseur. Sur les 11 milliards, je n’ai décaissé aucun franc. Le reste du montant se trouve sur notre ligne au trésor public. Je n’ai décaissé aucun franc. » s’est justifié M. Soumah malgré les charges du procureur.
Cet échange d’une trentaine de minutes est marqué par les larmes de Soriba Soumah qui dénonce son incarcération à la maison centrale. Sur ce, il sollicite humblement une liberté provisoire au Procureur Spécial, Charles Wright. Ce dernier, lui répond qu’en cas de demande formelle de ses avocats, le requête sera examinée. Mais en attendant, l’ancien ministre de la Justice sollicite à son tour la comparution des personnes citées à la barre par le prévenu. Il s’agit notamment de l’ancien Directeur Général du Budget, Mohamed Karifa Diawara, de la PRMP, Mohamed Bérété, du SAF, du Contrôleur financier, et de l’entreprise bénéficiaire du marché des équipements.
Pour Charles Wright personne ne sera épargnée. Même l’ancienne ministre de l’Action Sociale et de la Promotion Féminine, Charlotte Daffé, en cas de nécessité, le parquet demandera sa comparution, a indiqué le Magistrat.
Affaire à suivre !
LCC









