Ce lundi 18 mai vers l’après-midi, Alpha Mohamed Kallo placé en mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry depuis juillet 2022 s’est présenté à nouveau à la barre de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Selon le parquet spécial dirigé par Charles Wright, l’ancien Directeur Général de la Banque d’Investissement de Guinée (BNIG) est poursuivi par l’agent judiciaire de l’Etat pour des faits présumés de : détournement deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écriture publiques, atteinte à la liberté d’accès et l’égalité des candidats dans les marchés publics, complicité et recel.
Dans ce dossier, M. Kallo est poursuivi avec Ibrahima Tounkara et Maurice Eugène Alecaut qui ne sont pas en détention.
Lors de son interrogatoire, Alpha Mohamed Kallo a rappelé les attributions de la BNIG qu’il a dirigée de 2018 à 2022. D’après lui, cette banque dont les parts sont majoritairement détenus par l’Etat, investit sur l’entrepreneuriat des jeunes. Elle accorde des crédits à ses clients par un virement bancaire à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Alors pour faciliter la manifestation de la vérité, le parquet a sollicité la comparution du gouverneur de la BCRG.
En effet, à l’audience du jour, le prévenu a réfuté toutes les actions du ministère public qui affirme que M. Kallo a détourné plusieurs montants de la BNIG dont 119 milliards gnf. Il rappelle au procureur que le dossier évoque initialement un détournement de 119 millions gnf et non 1190 milliards.
« Je mets au défi quiconque qu’on m’apporte la preuve… Depuis que ce procès a commencé, on n’a jamais donné une seule preuve de détournement. » affirmé l’accusé.
Selon lui, l’actuel Responsable de la BNIG a témoigné qu’’il n y a jamais eu de détournement de 119 milliards gnf mais plutôt de 119 millions.
« C’est les services de l’agent judiciaire de l’État qui ont rédigé la plainte, qui ont mis 119 milliards. Mais voilà le document original, vous l’avez dans vos dossiers. Là, vous avez dit 119 millions. » s’est justifié Alpha Mohamed Kallo.
Pour sa part, le procureur, Charles a maintenu sa thèse. « Tantôt on parle de 119 milliards, tantôt on parle de 119 millions, mais jusqu’à preuve contraire, le ministère public maintient que le montant incriminé par rapport au fait de détournement est de 119 milliards. En attendant qu’il y ait un point de contradiction par rapport à ce montant… » a soutenu M. Wrignt.
Poursuivant, il soutient qu’à l’époque de M. Kallo, la BNIG a octroyé des crédits à des personnes en violation des règles. Le magistrat indique qu’une soixantaine de personnes ont bénéficié de crédits de la BNIG sans un fond dossier.
En guise de réponse, M. Kallo affirme que tous les dossiers sont traités conformément aux règles avant que les clients ne bénéficient de fonds. En plus, le crédit est octroyé par virement bancaire à la Banque Centrale de la République de Guinée.
Après plusieurs heures de débats houleux, Charles Wright a sollicité la comparution du gouverneur de la BCRG à l’époque où Alpha Mohamed Kallo dirigé la BNIG. Le procureur demande également la comparution de l’ancien directeur adjoint de la Banque Nationale de d’Investissement de Guinée.
Ibrahima Soya









