À l’occasion d’une visite de terrain à Forécariah avec le Directeur Général de FAPGAZ, M. Kaman Sadji Diallo, notre rédaction a rencontré M. Abdoul Aziz Souaré, Responsable de production et de maintenance de l’usine de fabrication et de requalification des bouteilles de gaz située à Konta. Dans cet entretien riche en enseignements, M. Souaré revient sur les enjeux, le fonctionnement et les perspectives de cette unité industrielle, initiée pour améliorer l’accès aux bouteilles de gaz en Guinée. Il évoque également les phases clés du projet et les opportunités qu’il offre, notamment aux jeunes de Forécariah.
Parlez-nous de cette usine…
Il s’agit d’une usine de fabrication de bouteilles de gaz, ou plus techniquement, de cylindres. Nous produisons deux types de contenants : les bouteilles de 12,5 kg et celles de 6 kg. Ce projet est une initiative du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, avec l’appui de FAPGAZ et de son Directeur Général, M. Kaman Sadji Diallo. La pose de la première pierre a eu lieu en 2023. Aujourd’hui, en 2025, nous sommes en phase de finalisation.

Combien de personnes y travaillent actuellement ?
Nous comptons pour l’instant une soixantaine d’employés. L’usine fonctionne de manière partielle, avec seulement un tiers de sa capacité opérationnelle. C’est la première étape que nous avons lancée. Les prochaines concernent la peinture, ainsi que la fabrication des pieds et des hanches des bouteilles. Actuellement, seule l’étape de fabrication jusqu’à la fin des soudures est en cours.
Quels sont les principaux défis rencontrés ?
Comme tout grand projet, nous avons rencontré quelques difficultés, notamment des retards dus à des contraintes techniques et aux intempéries. Mais dans l’ensemble, le projet progresse bien. Nous sommes désormais dans la phase de lancement, et à ce stade, nous avons besoin de main-d’œuvre technique et d’ouvriers qualifiés.
Quelles opportunités l’usine offre-t-elle aux jeunes en matière d’emploi et de formation ?
Notre direction a fait appel à des experts spécialisés dans le montage et la mise en service de ce type d’usine. Nous, les responsables, avons suivi des formations à leurs côtés. Nous avons également effectué des stages dans des pays comme le Maroc, la Chine et le Kenya, où des projets similaires ont été réalisés. Cela nous a permis d’apprendre de leurs expériences et d’appliquer les meilleures pratiques ici, en Guinée.
Quelle est la capacité de production de l’usine ?
La capacité maximale est d’un million de bouteilles par an. Comme dans toute industrie, la production est progressive. Pour les premières années, nous visons entre 350 000 et 400 000 bouteilles annuellement. Nous produisons selon la demande, et non pour stocker.
Quels conseils donneriez-vous aux citoyens pour une utilisation sécurisée du gaz butane ?
Le gaz, comme l’électricité il y a quarante ans, suscite encore des appréhensions. Pourtant, c’est un véritable soulagement pour les ménages. Il n’est pas dangereux s’il est utilisé correctement. Il suffit de respecter les consignes de sécurité. Même l’eau peut être nuisible si elle est mal consommée. Il en va de même pour le gaz : bien utilisé, il est sans danger. J’encourage donc nos concitoyens à adopter le gaz butane, qui contribue à alléger les tâches ménagères de nos mères et épouses.
L’usine dispose d’un laboratoire en construction. Quel est son rôle et quel est son état d’avancement ?
La sécurité est primordiale lorsqu’on parle de bouteilles de gaz. Le gaz est un produit inflammable, voire explosif. Nous respectons donc la norme européenne EN 1442, qui impose des exigences rigoureuses.
Le laboratoire est équipé notamment d’un appareil à rayons X pour vérifier les soudures internes, ainsi que d’équipements pour réaliser des tests de résistance à la pression, y compris des tests d’explosion. Ces dispositifs permettent de garantir que chaque bouteille mise sur le marché est sécurisée.
L’usine est organisée en trois grandes zones : l’aménagement, le bloc principal et la machinerie. La machinerie est installée à 98 %, les 2 % restants concernent la mise en service du four. En génie civil, les aménagements sont achevés. De manière générale, le taux global d’exécution du chantier est estimé à 98 %.
L’usine aura un impact environnemental mais aussi économique. Qu’en est-il concrètement ?
Nous sommes engagés dans une politique de protection de l’environnement. La promotion du gaz butane s’inscrit dans une volonté de réduire la déforestation et l’usage du charbon, qui dégradent fortement nos écosystèmes. Entre Conakry et Forécariah, des milliers de sacs de charbon de bois circulent. FAPGAZ lutte contre ce fléau en rendant le gaz accessible. Nous avons d’abord mis en place les infrastructures, et nous allons bientôt passer à la phase de sensibilisation à grande échelle. À travers cette usine, nous contribuons à la préservation de l’environnement, mais aussi au développement local et à la création d’emplois.
Propos recueillis par Ibrahima Soya et Aliou










