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Radio et Redevance : Une crise aux racines profondes

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La fermeture récente  des radios  privées pour non-paiement  des redevances que certaines radios  restent devoir à l’Etat,  n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets.

En cause, les patrons de ces médias audio-visuels avancent d’autres raisons qui à l’origine de l’accumulation des arriérées de redevances.

Talibé Barry,   directeur général   du groupe de presse ‘’République-City FM’’. M. Barry parle d’une succession d’événements.

Il s’en explique: «Il faut rappeler qu’en 2015, une entente tripartite avait été trouvée entre l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTELGUI),  le porte-parole du gouvernement et la Haute Autorité de la communication (HAC)  pour que les redevances cumulées jusqu’en 2015 soient traitées sous forme d’échange de service entre les radios et le gouvernement. Les radios devaient aider le gouvernement à communiquer sur certains aspects de son programme, de ses actions au profit des populations. Donc, quelque part, nous avons été surpris que cela soit de façon brutale réveillée, rappelé, réclamé, alors qu’un accord avait été trouvé dans ce sens. Lequel accord a été porté à la connaissance des radios et des télévisions par le conseil national de la communication à l’époque».

Barry argue que cet accord avait fait l’objet d’un document dument paraphé par toutes parties prenantes. «Un document existait à cet effet. Lequel document avait été porté à la connaissance des associations de presse notamment l’URTELGUI par la présidente du conseil national de la Communication à l’époque. Donc, c’est de droit que les radios payent les redevances, mais que l’on ignore cet accord qui avait été passé, et qu’automatiquement, on impose aux radios de payer tout de suite toutes les arriérées sans leur permettre d’avoir un échéancier et conséquence qu’on les ferme jusqu’à ce qu’elles s’acquittent de ses arriérées, c’est cette coïncidence troublante en termes de décision précipitée, brutale…» ajoute Talibé Barry.

Selon notre interlocuteur,  les derniers évènements vécus par les médias, l’accusation portée par les structures de l’Etat contre Gangan comme étant la radio qui a divulgué l’information d’une prétendue mort du président de la République, la bastonnade des journalistes à l’éco3 avec l’arrestation et convocation des journalistes, tous ces évènements mis bout à bout nous amène à penser que cela obéit à un train de mesures dures prises contre les médias. « Et jusqu’à ce que le contraire ne soit prouvé, c’est ça notre conviction».

 Kalil Oularé, directeur général du groupe Hadafo medias lui aussi admet que s’acquitter des redevances  est  devoir pour les radios.

 «La règle est que toutes les radios doivent payer effectivement leur redevance. Le chef de l’Etat étant ferme sur ce point, est peut-être dans ces droits. Mais, sauf que le chef de l’Etat étant le président de tous les guinéens et qu’il est censé analyser et comprendre que, lorsqu’ une situation se pose, il y a forcément une cause. Les radios n’ont pas fait exprès d’être dans cette situation. Cela est dû par une succession de fait qui vont de Dadis (Moussa Daddis Camara, ancien chef de la junte guinéenne, Ndlr) jusqu’à aujourd’hui. Ces faits nous les avons expliqués. Nous étions en négociation avec le gouvernement, des instructions avaient été données. Et nous, on n’a reçu en tant que URTELGUI, un courrier de la HAC (Haute Autorité de la Communication) qui nous avait dit qu’une partie de ces dettes faisait l’objet d’une négociation pour qu’on ait une contrepartie en échange de service avec le gouvernement. Le gouvernement a arrêté net cette négociation pour contraindre les médias à payer les redevances. Entre temps il y a eu de l’accumulation », explique M. Oularé.

 A en croire Kalil Oularé, ces dettes ont été accumulées parce qu’en  son temps, le président Dadis a dit aux radios de ne pas payer 25 millions, mais plutôt 5 millions. Et que pendant deux ans même trois, les radios ont payé 5 millions au lieu de 25.  A l’arrivé du président Alpha Condé l’autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) a demandé aux médias de payer non pas 5 millions, mais 25 millions. En prenant en compte le passif, donc chaque radio s’est retrouvé avec une dette d’à peu près 60 millions pour certains et jusqu’à 90 millions pour d’autres. Ce qui faisait des problèmes pour les radios qui avaient des difficultés de payer 25 millions».

 Nantènin Traoré

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