Ce lundi a été une journée de galère et d’humiliation pour les journalistes de la presse privée, pendant la couverture médiatique de l’audience du jour. Méprisés et malmenés par les agents de sécurité du tribunal ad hoc, ces hommes de médias ont eu de mal à bien exercer leur profession.

Le calvaire démarre le matin pour les premiers journalistes qui sont arrivés sur les lieux. Malgré leurs accréditations, ces professionnels ont été aussitôt bloqués par les agents de sécurité qui sont habillés en t-shirt bleu avec une casquette de la même couleur. Ces jeunes qui servent de sécurité pendant ce procès affirment avoir reçu des ordres d’empêcher la presse privée de passer. Pendant ce temps, ils laissent les confrères de la RTG d’accéder librement à la salle.  Deux poids, deux mesures !

Il a fallu des nouvelles instructions des responsables du ministère de la justice pour que ces hommes de médias puissent enfin rentrer au tribunal pour assister à l’audience de ce lundi qui a pris fin dans les environs de 20 h.

Après une très longue journée de travail et de concentration, ces journalistes de la presse privée subissent encore une autre injustice des membres de la sécurité du procès (19h). Des agents qui ont l’air surexcité et incapable de maintenir l’ordre sans user d’un langage vulgaire.

Pendant que ces professionnels sont en train de prendre des images, ces jeunes gardes ont surgi de nulle part pour retirer les téléphones de certains journalistes tout en exigeant ces derniers de les supprimer. Par la suite, ils ont fait sortir tous les journalistes de cette presse privée de la salle.

Le paradoxe est que pendant que ces agents de sécurité déversent leur colère noire injustifiée et sans fondement sur les locaux, les journalistes étrangers filment sans qu’ils ne soient inquiétés par un agent.

D’ailleurs, c’est le lieu de rappeler que dès l’ouverture de ce procès historique, le président du tribunal Ibrahima Sory II Tounkara avait officiellement autorisé la couverture médiatique des audiences. Cela va s’en dire, qu’aucune raison valable ne justifie l’attitude des agents de sécurité en complicité avec des responsables du ministère de la justice.

De l’autre, il faut signaler que contrairement aux médias d’État, la presse privée n’a pas accès à la salle d’audience. Les journalistes sont obligés de monter au premier étage pour suivre le procès.

En Guinée, force est de constater que dans les grands évènements de la nation, la presse privée est souvent reléguée au second plan. C’est avec beaucoup de difficultés que les journalistes sur le terrain réussissent à faire la couverture médiatique.  Cela en dépit des humiliations, des mépris et du manque de respect de la part des agents de sécurité.

Ibrahima Bah