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La manif du 4 août vue par  Dr Sékou Koureissy Condé: Voici pourquoi je ne suis pas favorable …

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Grand leader d’ étudiants, leader du parti ARENA jusqu’ en 2010, ancien ministre de la Sécurité, ancien secrétaire général du Conseil national de la transition , ancien médiateur de la République, Dr Sékou Koureissy Condé est désormais reconnu et salué comme acteur de paix. En témoignent, les nombreux prix et satisfécits qui lui sont régulièrement décernés en Guinée et en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, plusieurs promotions des universités guinéennes  portent son nom en reconnaissance de ses efforts pour la promotion de la bonne gouvernance et la consolidation de la paix en Afrique. Le Cabinet Conseil  « African Crisis Group » dont il est directeur exécutif est classé parmi les institutions panafricaines de premier plan en matière de formation et de médiation. Professeur chargé des cours d’analyse sociopolitique des conflits, Dr Koureissy Condé est également acteur majeur des organisations de la société civile en tant que président de la CANEG (Convention des acteurs non Etatiques de Guinée). L’analyste donne dans cette interview son point de vue sur la situation sociopolitique guinéenne. Lisez!

Le Populaire: Beaucoup de Guinéens pensent que vous passez plus de temps à faire la médiation dans d’autres  pays africains et pas suffisamment en Guinée, qu‘en dites vous ?

Sékou Koureissy Condé: Le cabinet African crisis group est un cabinet conseil panafricain à statut associatif. Nous intervenons dans les pays de la sous-région selon nos observations sur les indices et les risques de crise. Pour la Guinée, c ‘est le facteur ethnique dans la démarche politique et l’influence du phénomène ethnique dans l’affirmation politique des leaders qui préoccupent. Face à cette réalité, nous avons consacré dès 2012, près de 65 % de notre programme et autres efforts dans la formation citoyenne et la sensibilisation  pour la consolidation de la paix en Guinée. Nous sommes parmi les acteurs majeurs de la société civile.

Mais, il faut savoir que la résolution des conflits est aussi et surtout une question de volonté politique. Autrement dit, même si chaque partie a le droit de présenter et de défende un intérêt donné, mais l’objectif final doit porter sur le règlement juste et pacifique du différend. Cet objectif, j’allais dire décision ultime revient aux belligérants ou aux acteurs politiques porteurs du conflit  même au stade latent. Nous, nous construisons le dialogue en facilitant l’écoute, l’échange et les contacts. Et ça, African Crisis Group y veille sans relâche en Guinée.  Et puis, à la demande ou avec l’autorisation des parties, nous pouvons aussi mettre des études techniques comparatives à disposition, en vue de permettre  une clarification des questions sensibles et passer plus rapidement à l’étape suivante. Mais ceci dit, la responsabilité morale et juridique du processus et de la suite des événements se trouve entièrement dans les mains des acteurs politiques et du gouvernement.

Mais en parlant justement de dialogue, pensez-vous que l’opposition guinéenne et le pouvoir pourront s’entendre un jour sur quelque chose?

En Guinée, le dialogue politique ressemble aux bousculades dans la surface de réparation dans un match de Football. Le véritable dialogue politique commence par le rétablissement d ‘un minimum de confiance. Et comme vous le savez, le chef de l’Etat et le chef de file de l’opposition ne se saluent pas et ne se parlent pas. Alors, qu’est-ce que leurs représentants ou partenaires respectifs peuvent faire?  Il nous faut rétablir un minimum de confiance avant de s’asseoir autour d’une table et cette tache préparatoire revient à l’Etat c ‘est à dire au Gouvernement.

La clef du dialogue politique est donc  entre les mains du président de la République. Le  véritable dialogue commencera en Guinée le jour où le Professeur Alpha Condé, lui même, mettra la question du dialogue politique national sur la table comme priorité. Il est le président de la République, Chef de l’Etat et premier magistrat du pays et Père de la Nation, ça veut tout dire. C’est à lui que le pays est confié, donc la paix, c’est pour lui avant tout et nous voulons tous l’aider dans ce sens.

Vous voulez parler de réconciliation ?

Dans le contexte guinéen, le dialogue politique et la réconciliation sont deux thèmes différents.

Que pensez-vous de la marche de l’opposition prévue pour le 4 Août?

Je ne la recommande pas cette marche. Je préfère la recherche du dialogue pacifique à tout prix. L’opposition doit élargir son champ de consultation et de témoignage en Guinée  en vue d ‘ associer toutes les bonnes volontés à ses difficultés de communication.

 Abdoul Malick Diallo in le Populaire

 

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